Le Romantisme est apparu en Europe à la fin du XVIIIe siècle, d’abord en Allemagne et en Angleterre, puis au début du XIXe siècle. La période du Ballet Romantique, qui succède au Ballet d’Action, va durer une trentaine d’années.

Dans un premier temps, c’est la musique qui va être marquée par ce nouveau mouvement avec Beethoven et Les Créateurs de Prométhée. La danse connaît aussi un changement, plus lyrique, exotique, sensuel, portée par une envie d’évasion après l’Ancien Régime.

Le Ballet, alors tourné vers les sujets mythologiques, va alors prendre un aspect plus surnaturel. Théophile Gauthier, poète et romancier, indique que « l’Opéra va être désormais livré aux gnomes, aux ondins, aux salamandres, aux elfes, aux nixes, aux willis, aux péris et à tout ce peuple étrange et mystérieux qui se prête si merveilleusement bien aux fantaisies des maîtres de ballet ». Ce mouvement va également impacter les costumes, les rendant plus légers, proposant alors des tutus, fabriqués à partir de mousseline imaginée par Eugène Lami, costumier français, ce qui va accentuer l’immatérialité des danseuses.

Au-delà des costumes, la technique va aussi évoluer, permettant aux mouvements de prendre plus d’ampleur, que ce soit grâce aux sauts toujours plus hauts, à la technique des pointes permettant d’être toujours plus grande, et les portées leur permettant de repousser l’apesanteur.  Le danseur aura d’ailleurs pour principal rôle d’être le porteur, et ce, jusqu’aux années 1930, où son rôle évoluera en vrai danseur.

Le premier grand ballet romantique sera La Sylphide, créé par l’Opéra de Paris en mars 1832 par Filippo Taglioni, en l’honneur de sa fille Marie. Véritable succès, ce spectacle triomphera pendant trente ans.

Cependant, la grande problématique du ballet romantique reste la musique. En effet, de nombreux chorégraphes ne cherchent pas à créer de grandes partitions et n’engagent que quelques musiciens pour animer leurs ballets. Cela a condamné de nombreux ballets à l’oubli. Il faudra tout de même attendre les années 1840 pour que la musique évolue au même titre que le ballet. Le pionnier à mettre cette évolution en marche est Adolphe Adam. Ce compositeur est le premier à instaurer le principe du leitmotiv, motif musical répété dans une œuvre qui caractérise un personnage ou une situation. Parmi les différentes œuvres qui ont marqué la période du ballet romantique, nous pouvons relever Giselle (1841) de Jean Coralli et Jules Perrot, qui encore aujourd’hui est un modèle du ballet romantique. Nous pouvons aussi citer de grandes œuvres comme le Lac des Cygnes (1877) de Rudolf Noureev, La belle au bois dormant (1889) de Marius Petipa ou encore Casse-Noisette (1892) de Tchaïkovski.